Sossé SOSSOU

« L'Afrique au-delà des larmes »
de Sossé SOSSOU
Éditions « Culture Croisées »
217 pages, 16 €, Avril 2006.

Ni refuge, ni sauveur suprême !

Cette maison d'éditions mérite d'être connue, l'association porteuse s'est donné comme objectif de favoriser l'inter culturalité.

L'auteur de ce livre commence à nous raconter l'histoire de l'Afrique, du début de l'esclavage, au néo-colonialisme en passant par le colonialisme direct.

Dans le cadre d'une histoire romancée, il explique, sans aucun faux-fuyants les problèmes qu'a rencontrés et que rencontre ce pays nommé « Adodougou »....

Les responsabilités partagées ne sont pas masquées, qu'il s'agisse de l'esclavage, ignominie « conçue et orchestrée avec la complicité de ces chefferies » ou qu'il s'agisse de la colonisation s'appuyant sur la veulerie et l'intérêt de certains princes cherchant par là même à obtenir des privilèges....

L'auteur ne fait pas de cadeau, il en profite d'ailleurs pour analyser la situation internationale, condamner le libéralisme ambiant et dominant sans oublier de tancer le rouge délavé qui « vire au rose ou au blanc sale par endroit ».

Le drame de l'Afrique est présenté: le pillage des ressources minières importantes, l'agriculture détournée de sa fonction nourricière interne, le découpage artificiel en états prétendus indépendants, la rivalité entretenue entre ethnies....

 Et les violences, révoltes dirigées par des hommes providentiels sauveurs suprêmes!?

Les prétendues révolutions ne sont que l'expression de rivalités sans perspective de changement :

« La faillite de la démocratie fait prendre les armes. Ceux qui sont au pouvoir et ceux qui veulent conquérir le pouvoir fredonnent le même slogan : « Animalité ethnique, règne! Voici ton ère! »

La vision n'est pas pessimiste mais réaliste, d'autant plus que l'auteur rejette tout renoncement...

Les larmes sont inutiles, il faut réfléchir, agir en changeant de cap.

La solution ne réside pas dans l'exil, dans une recherche d'un Eldorado..

D'ailleurs beaucoup de familles qui rejoignent l'Europe et la France se trouvent dans la clandestinité pour connaître la misère puis une expulsion parfois sans ménagement.

On est loin du discours victimaire.

« Ouvrons les yeux à la lumière qui anoblit l'humain, afin de chercher à nous dégager du milieu du chaos où nous roulons confondus avec une mondialisation libérale qui nous soumet à une généralité abstraite et au culte de l'argent. »

Les Africains dont nous parle l'auteur sont déterminés à agir pour permettre à l'Afrique de « vivre elle-même par elle même  », voici là une perspective et un combat que nous devons soutenir avec force et conviction...

Ce livre nous permet d'appréhender un peu mieux la situation et de comprendre les enjeux.

 Jean-François CHALOT – UFAL

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Critique de Lara Mace (Saga africa)

Sossé Sossou, directeur du mensuel Le Hérault, écrit aussi des romans. Le dernier, Afrique au-delà des larmes, plaide pour une reconquête de l’Afrique par elle-même.
On nous prévient d’entrée de jeu. Le genre littéraire adopté ? Ne cherchez pas, c’est le sien.
En effet,. Dans un style légèrement ampoulé, Sossou nous raconte l’épopée d’Adodougou ; comprenez : l’Afrique.

Je ne cacherai pas que ça a failli mal se passer entre Sossou et moi. Les épopées me crispent autant que les récits qui geignent. Pourtant, j’ai fini par me laisser prendre par l’histoire de ce fils d’Afrique qui chante la lutte d’Adodougou pour l’indépendance. S’il revient sur tous les maux du continent, ce n’est pas pour faire pleureur dans les chaumières mais pour dénoncer ces démo-chanteurs et ses élites corrompues.

Sorte de passage obligé, notre narrateur rejoint, un peu illégalement, la capitale du pays de mai 68. Et quelle claque ! En lieu et place de l’eldorado rêvé, notre héros se clochardise dans les sous-sols de Paris avec son nouveau copain, Poilocu. Dans le métro, il découvre le chômage, l’alcool, mais surtout l’indifférence et le mépris avec lequel les héritiers de Vercingétorix le traitent.

L’univers de Sossou mérite qu’on fasse l’effort de s’en laisser imprégner pour comprendre la subtilité de son message. Ce livre hybride, entre essai, fiction, et récit historique, interroge les rapports franco-africains à l’aune de l’expérience parisienne de l’auteur et ça décape.

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